La propagation DNS ne dure pas 48 heures, et voici ce qui se passe vraiment
On vous dit d'attendre 48 heures après un changement DNS. C'est faux. Ce qui décide de la durée, c'est le TTL en place avant le changement.
Vous changez un enregistrement DNS, et l'assistance de votre hébergeur vous répond d'attendre 24 à 48 heures. Vous attendez. Le lendemain, rien n'a changé, ou tout avait déjà changé au bout de dix minutes. Dans les deux cas, la phrase ne vous a rien appris.
D'où vient ce chiffre
De l'époque où les zones DNS se synchronisaient par lots, parfois une fois par jour, et où les TTL par défaut se comptaient en journées. Le chiffre a survécu aux pratiques qui le justifiaient, et il est devenu une formule de politesse : elle évite d'avoir à expliquer, et elle couvre le support en cas de lenteur.
Le mot « propagation » est trompeur
Rien ne se propage. Il n'existe aucune vague qui traverse le réseau mondial en distribuant votre nouvelle adresse.
Ce qui se passe est exactement l'inverse : chaque résolveur garde en mémoire l'ancienne réponse jusqu'à ce que sa validité expire, puis il redemande. Il n'y a pas de diffusion, il y a des expirations individuelles.
La bonne question n'est donc pas « quand ma modification arrivera-t-elle », mais « quand les copies de l'ancienne réponse expireront-elles ». Et cette durée, vous l'avez choisie vous-même, souvent sans le savoir : c'est le TTL qui était en place avant le changement.
La règle qui décide de tout
Le délai réel d'un changement DNS est celui du TTL en vigueur au moment où les résolveurs ont mis l'ancienne valeur en cache, pas celui du nouvel enregistrement.
C'est contre-intuitif et c'est toute l'astuce. Baisser le TTL après avoir fait la modification ne sert à rien : les caches détiennent déjà l'ancienne valeur avec l'ancienne durée.
La bonne méthode se prépare :
- La veille, abaissez le TTL des enregistrements concernés à 300 secondes.
- Attendez l'ancien TTL en entier, pour que tous les caches aient adopté la nouvelle durée courte.
- Faites le changement. Il sera visible partout en cinq minutes.
- Le lendemain, remontez le TTL à 3600 ou plus, pour ne pas surcharger inutilement.
Vérifier plutôt qu'attendre
Ne rechargez pas votre site en boucle : votre navigateur et votre système gardent aussi des caches, et vous mesurez leur mémoire, pas l'état du DNS.
Interrogez directement un résolveur public :
nslookup votredomaine.fr 1.1.1.1
nslookup votredomaine.fr 8.8.8.8
Si ces deux commandes rendent la nouvelle adresse, le changement est fait. Ce qui reste chez certains visiteurs n'est plus qu'un cache local qui finira d'expirer.
Le cas qui prend vraiment du temps
Une exception mérite le chiffre de 48 heures : le changement des serveurs faisant autorité eux-mêmes, c'est-à-dire quand vous confiez la gestion de votre zone à un autre prestataire. Là, la modification remonte au registre du .fr, et les délais dépendent d'un système bien plus lent que celui des enregistrements ordinaires.
Modifier un enregistrement A dans une zone existante : quelques minutes à quelques heures. Changer les serveurs de noms du domaine : jusqu'à une journée, parfois plus.
Confondre les deux est ce qui fait dire que « le DNS est capricieux ». Il ne l'est pas, il a simplement deux vitesses.
Ce que ça change concrètement
Si vous préparez le TTL la veille, une migration de site se fait sans coupure perceptible, et pas dans l'angoisse d'une journée d'indisponibilité. C'est la différence entre subir le DNS et s'en servir.
Le déroulé complet d'une migration menée de cette façon fait l'objet de l'article suivant.
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