Transférer un nom de domaine : le code d'autorisation et les délais réels
Changer de bureau d'enregistrement demande un code d'autorisation et un domaine déverrouillé. La procédure, les délais réels et les pièges.
Transférer un domaine, c'est changer l'entreprise chez qui il est enregistré. Ce n'est ni un changement d'hébergeur, ni un changement de serveurs DNS. Confondre ces trois opérations est l'origine de la plupart des transferts qui tournent mal.
Les trois opérations qu'on confond
| Opération | Ce qui change | Impact sur le site |
|---|---|---|
| Changer d'hébergeur | Le serveur qui héberge les fichiers | Le site bouge, il faut migrer |
| Changer de serveurs DNS | Qui gère la zone du domaine | Aucun si la zone est recopiée |
| Transférer le domaine | L'entreprise chez qui il est enregistré | Aucun, si la zone est préservée |
Un transfert de domaine bien mené ne coupe rien. Le site reste en place, les e-mails continuent d'arriver. Ce qui change est la facture et l'interface d'administration.
Les quatre conditions préalables
Un transfert est refusé si l'une de ces conditions manque, souvent sans message clair.
Le domaine doit avoir plus de 60 jours. Un domaine récemment créé ou récemment transféré est bloqué pendant cette période. C'est une règle du registre, aucun prestataire ne peut y déroger.
Le domaine doit être déverrouillé. Les bureaux d'enregistrement posent un verrou de protection contre les transferts frauduleux. Il se retire dans l'interface d'administration, souvent sous « verrou de transfert » ou transfer lock.
L'adresse e-mail du contact propriétaire doit être valide et consultable. C'est là qu'arrive la demande de confirmation, et c'est le point de blocage le plus fréquent : l'adresse date de la création du domaine et n'existe plus.
Le domaine ne doit pas être proche de l'expiration. Beaucoup de registres refusent un transfert dans les derniers jours. Renouvelez d'abord, transférez ensuite.
Le code d'autorisation
Appelé AuthInfo, code auth, EPP code ou code de transfert selon les interfaces, c'est le même objet : une chaîne de caractères qui prouve que vous contrôlez le domaine.
Il se récupère chez le bureau d'enregistrement actuel, dans la fiche du domaine. Certains l'affichent directement, d'autres l'envoient par e-mail au contact propriétaire.
Ce code est un mot de passe. Il ne se transmet pas par message public, et il expire souvent au bout de quelques jours. Demandez-le au moment où vous lancez le transfert, pas trois semaines avant.
La procédure
- Déverrouillez le domaine chez le prestataire actuel.
- Récupérez le code d'autorisation.
- Avant tout, recopiez la zone DNS complète. Notez chaque enregistrement : A, AAAA, CNAME, MX, TXT. C'est l'étape critique, voir plus bas.
- Chez le nouveau prestataire, lancez la demande de transfert et fournissez le code.
- Répondez au message de confirmation envoyé au contact propriétaire.
- Attendez.
Les délais réels
Pour un .fr, un transfert accepté et confirmé aboutit généralement en quelques heures à deux jours.
Pour un .com, .net ou .org, comptez cinq jours. Une période d'opposition de cinq jours s'applique, pendant laquelle l'ancien prestataire peut refuser. Si personne ne fait rien, le transfert se conclut automatiquement à la fin du délai. C'est normal, ce n'est pas un blocage.
Un transfert prolonge par ailleurs la durée d'enregistrement d'un an, qui vous est facturée.
Le piège qui coupe les sites
La zone DNS ne suit pas toujours le domaine.
Certains prestataires recréent une zone par défaut, avec leurs propres enregistrements, à l'issue du transfert. Résultat : le domaine est bien chez vous, et il pointe vers une page de parking. Le site et les e-mails s'arrêtent en même temps.
D'où l'étape 3. Recopiez la zone entière avant de lancer quoi que ce soit, et recréez-la chez le nouveau prestataire avant que le transfert aboutisse, pour qu'elle soit prête à prendre le relais.
Si vos e-mails sont hébergés chez l'ancien prestataire, il y a un second piège : les boîtes ne se transfèrent pas avec le domaine. Elles doivent être migrées séparément, et c'est un chantier à part entière.
Si le transfert échoue
Les trois causes, dans l'ordre : le domaine est resté verrouillé, le message de confirmation est parti vers une adresse morte, ou le code d'autorisation avait expiré.
Aucune de ces situations n'est grave et aucune ne fait perdre le domaine. Il faut recommencer après avoir corrigé le point bloquant.
Si vous héritez d'un domaine dont vous ne savez plus qui le gère ni avec quelle adresse, c'est une situation courante et elle se démêle. Décrivez-la-moi.
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